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Habilitation à Diriger des Recherches

Université d'Angers

Bruno Jaloux soutient son HDR de l'Université d'Angers

Bruno Jaloux, enseignant-chercheur de l'école en entomologie soutiendra  son Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) de l'Université d'Angers, intitulée "L'exploitation des ressources trophiques par les hyménoptères parasitoïdes dans les agroécosystèmes. Comprendre les mécanismes pour favoriser le contrôle biologique" à Angers le 22 novembre à 13h.

Le jury sera composé de:

  • Pascal Poupard, Maitre de Conférences (HDR), Université d’Angers, Rapporteur
  • Jérôme Casas, Professeur, Université de Tours, Rapporteur
  • Xavier Fauvergue, Directeur de Recherche, INRAE Sophia-Antipolis, Rapporteur
  • Sylvia Anton, Directrice de Recherche, INRAE Rennes, Directrice de recherche
  • Joan van Baaren, Professeure, Université de Rennes 1
  • Anne Le Ralec, Professeure, Institut Agro Rennes-Angers

Résumé:
Les hyménoptères parasitoïdes constituent un groupe d’insectes dont la survie et le succès reproducteur dépendent fortement de leur capacité à découvrir et à exploiter des ressources discrètes et dispersées dans l’environnement. Ces ressources sont principalement des hôtes qui leur sont indispensables pour pondre et des sources de nourriture sucrée qui leur permettent d’acquérir des nutriments et de l’énergie alloués au maintien des fonctions vitales, au vol, et à la maturation de nouveaux œufs. Ces organismes ont développé des capacités sensorielles et des stratégies comportementales et physiologiques très évoluées pour optimiser la découverte et l’exploitation de ces ressources. Ils présentent également un intérêt appliqué en tant qu’ennemis naturels des insectes ravageurs des cultures. La disponibilité des ressources et la capacité des parasitoïdes à les exploiter efficacement impactent la régulation des populations de ravageurs. Dans les agroécosystèmes intensifs, les ressources trophiques comme le nectar ou les hôtes alternatifs sont souvent limitantes et très ségrégées dans l’espace et le temps, ce qui limite le service de régulation fourni par ces ennemis naturels. La meilleure compréhension des stratégies d’exploitation, des modalités sensorielles, des paramètres environnementaux et physiologiques déterminant le comportement d’approvisionnement et de parasitisme des parasitoïdes pourrait permettre de concevoir des systèmes agroécologiques plus favorables à ces organismes, plus résilients et moins dépendants des intrants. Cependant, l’étude des mouvements et de l’exploitation des ressources par ces insectes minuscules directement au champ pose des problèmes méthodologiques importants rendant nécessaire le développement de techniques innovantes adaptées. J’ai développé depuis mon doctorat des recherches sur ces stratégies comportementales d’exploitation, qui ont permis de mettre en évidence la sophistication des stratégies développées, de mieux comprendre les mécanismes en jeu, d’évaluer les bénéfices pour les individus et l’impact sur le service de régulation des ravageurs. Dans un premier système biologique, j’ai montré qu’en situation de compétition, le marquage et la discrimination des hôtes parasités permet d’optimiser la distribution des pontes. Ce système de communication peut cependant être exploité par des espèces concurrentes pour développer une stratégie kleptoparasite, qui génère des interférences et limite le contrôle des populations de ravageurs lorsque ces espèces coexistent. La régulation hormonale de l’ovogénèse, associée à la résorption des œufs et au nourrissage sur l’hôte permet une adaptation à des fluctuations de la disponibilité en hôte. Sur un second système biologique, mes travaux montrent que la recherche séquentielle de nectar et d’hôtes peut aboutir à une concentration des parasitoïdes sur les interfaces des milieux proposant simultanément ces ressources, avec pour conséquences un faible contrôle des ravageurs au centre des parcelles cultivées. Des aménagements extraparcellaires comme des bordures de végétation spontanée ou de nouvelles organisations intraparcellaires comme des associations de culture peuvent permettre de limiter ce phénomène, mais nécessitent d’adapter leur composition et leur arrangement spatial. Ces résultats et les développements méthodologiques réalisés seront mobilisés dans de futures études pour déterminer les ressources réellement limitantes dans les agroécosystèmes, expliquer les cas rapportés d’absence d‘effet de l’apport de nourriture sur le contrôle biologique et combiner des mécanismes et des approches pour concevoir des systèmes de culture favorisant le contrôle biologique.