Le sarrasin comme support de dialogue entre habitants, sciences et agriculture
Neuf étudiants ont contribué au projet La Sourcière.
Comment recréer du lien entre les habitants des villes et l'agriculture qui les nourrit ? Comment faire de l'alimentation, des sols ou de la biodiversité des sujets de dialogue au cœur d'un quartier urbain ?
Ces questions sont au cœur de La Sourcière, un projet collectif porté dans le quartier Baud-Chardonnet à Rennes par l'association Partager Baud Chardonnet, Vanessa Chevalier, Fatima Rojas, Laurent Van Reeth et Agropunk, dans le cadre du dispositif Nos lieux communs 2025.
Pensé comme un lieu de partage associant alimentation, culture, sciences et vie de quartier, ce projet s'appuie notamment sur la réhabilitation du bâtiment historique de la Cale et de ses abords. Parmi les actions envisagées figure la mise en culture d'une parcelle de sarrasin afin de sensibiliser habitants et visiteurs aux enjeux agricoles, alimentaires et environnementaux.
Une contribution étudiante au service d'un projet de territoire
Dans ce contexte, neuf étudiants de première année de master du cursus Ingénieur Agronome de l'Institut Agro Rennes-Angers ont été mobilisés dans le cadre de leur unité d'enseignement « Conduite de Projet Innovant » (CPI), sous la direction de Safya Menasseri, maître de conférences en agronomie et Sophie Brajon maître de conférences en science animal.
Leur mission : étudier les conditions de mise en culture d'une parcelle de sarrasin en milieu urbain, comprendre les attentes des habitants concernant l'évolution de leur quartier et imaginer des actions de médiation autour de l'agriculture et des sciences agronomiques.
Au cours de plusieurs mois de travail, les étudiants ont mené des enquêtes de terrain, rencontré les acteurs du quartier et réfléchi aux moyens de faire de cette parcelle un espace de rencontre et de partage autour des questions agricoles.
Le sarrasin comme support de sensibilisation
Le choix du sarrasin n'est pas anodin. Plante emblématique de la Bretagne, souvent considérée à tort comme une céréale alors qu'elle appartient à la famille des polygonacées, elle est particulièrement adaptée aux systèmes de culture peu intensifs et constitue un excellent support pour aborder des thématiques telles que la qualité des sols, la biodiversité, la gestion de l'eau ou encore l'alimentation.
L'objectif du projet n'était pas uniquement de produire une culture, mais de créer un support concret permettant de rapprocher habitants, chercheurs et acteurs du territoire autour des enjeux agricoles contemporains.

Une rencontre avec les élèves de l'école Miriam Makeba
Au fil de leurs échanges avec les habitants, les étudiants ont rencontré les enseignantes de l'école Miriam Makeba. Cette rencontre a donné naissance à une série d'ateliers pédagogiques qui ont marqué le projet.
Six classes ont ainsi participé à des animations autour des graines, de la biodiversité et de l'alimentation. Les enfants ont pu découvrir le cycle de vie des plantes, explorer différentes graines à travers leurs cinq sens et expérimenter la transformation du blé et du sarrasin en farine.
Ces ateliers ont permis d'aborder de manière concrète les liens entre agriculture, environnement et alimentation auprès des plus jeunes.

Une exposition qui retrace une aventure collective
L'exposition présentée à la Cale revient sur cette contribution étudiante au projet La Sourcière. À travers les photographies de Christian Hellou, elle témoigne des rencontres, des expérimentations et des échanges qui ont jalonné cette aventure.
Elle illustre également le rôle que peuvent jouer les futurs ingénieurs agronomes dans le rapprochement entre sciences, agriculture et société.
Étudiants participant au projet : Emma Boccaccio, Inès Doumi, Antoine Freret, Gabrielle Hüe, Adèle Hugebaert, Selena Marchand, Natacha Payet, Laura Scherier et Metig Simon.
Crédit photo : Christian Hellou
