Cartographier le bruit avec les citoyens
Thématique : Territoires et paysages nourriciers multifonctionnels
Année de parution : 2025
Contact(s) : Elise Geisler
elise.geisler@institut-agro.fr
Dans un contexte de densification urbaine, d’augmentation des mobilités et de forte demande sociale de calme, la gestion du bruit est devenue un enjeu majeur pour les collectivités. Mais il existe souvent un décalage entre les mesures officielles du bruit, basées sur des données techniques et réglementaires, et le ressenti des habitants au quotidien.
Le projet Sonorezé II, mené conjointement par la Ville de Rezé (Loire-Atlantique), commune située à proximité de l’aéroport de Nantes-Atlantique, l’UMRAE (unité mixte de recherche en acoustique environnementale) et l’UMR ESO (Espaces et Sociétés), avait pour objectif de développer une méthode de diagnostic sonore associant directement les citoyens, afin qu’elle puisse être réutilisée dans d’autres territoires.
Le projet s’est appuyé sur l’application smartphone NoiseCapture, développée par l’UMRAE, qui permet aux habitants de mesurer le bruit avec leur téléphone et de contribuer à une cartographie participative des environnements sonores. Cette démarche visait à mieux prendre en compte les connaissances et les perceptions des habitants dans l’élaboration des politiques publiques.
Sonorezé II a reposé sur une collaboration étroite entre collectivités, chercheurs et habitants autour des questions liées au bruit urbain. Il faisait suite au projet exploratoire Sonorezé, financé dans le cadre de l’appel à projets « chercheurs-citoyens » de l’I-Site Future.
Quatre actions ont été co-construites avec les habitants. Elles ont notamment mis en évidence le décalage entre les cartes officielles du bruit et le vécu des riverains : réalisation d’une cartographie alternative du bruit des avions, mise en lumière des variations saisonnières et quotidiennes du trafic aérien, identification de vols ne respectant pas le couvre-feu ou de nouvelles trajectoires impactant des zones auparavant épargnées, mais aussi création d’indicateurs acoustiques plus proches du ressenti des habitants, notamment sur la gêne ou les troubles du sommeil.
Le projet a également abouti à la rédaction d’un guide méthodologique destiné aux acteurs des territoires et à la création d’un collectif d’habitants, les Sonorezéen·nes, désormais associés à des échanges avec des instances comme la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) ou la DGAC (Direction générale de l’aviation civile).
