Mesurer la qualité de l’eau à l’échelle des fermes
Thématique : Territoires et paysages nourriciers multifonctionnels
Année de parution : 2025
Contact(s) : Olivier Godinot
olivier.godinot@institut-agro.fr
Dans le bassin rennais, le projet Territoire d’Innovation Terres de Sources soutient les agriculteurs qui s’engagent à protéger l’eau potable grâce à des pratiques agricoles reconnues comme vertueuses. Cependant, deux limites ont été identifiées : d’une part, les agriculteurs ne peuvent pas mesurer les effets de leurs changements de pratiques à partir des indicateurs de qualité de l’eau, généralement suivis à l’échelle d’un bassin versant ; d’autre part, les indicateurs utilisés à l’échelle de la ferme renseignent peu sur la qualité réelle de l’eau observée.
Dans ce contexte, une action de recherche a été menée pour concevoir, avec et pour les agriculteurs, des indicateurs de résultats mesurables directement dans les fermes. L’article publié présente la démarche de conception collective mise en œuvre selon la méthode KCP (Knowledge-Concept-Proposal). Des ateliers réunissant agriculteurs, conseillers agricoles et chercheurs ont permis de faire émerger 68 pistes d’indicateurs. Après une phase de classement et de sélection, neuf indicateurs ont été retenus. Ils ont la particularité d’être à la fois scientifiquement pertinents, compréhensibles et utilisables par les agriculteurs, et mesurables à l’échelle des fermes.
Ces indicateurs permettent notamment de mesurer les concentrations en nitrates et en pesticides dans l’eau. Ils reposent à la fois sur des analyses chimiques et sur le suivi de bioindicateurs dans les sols, les fossés et les drains agricoles. Les méthodes et dispositifs nécessaires à leur mesure dans les fermes ont également été conçus dans le cadre du projet.
Les indicateurs ont ensuite été testés sur huit fermes pendant deux années hydrologiques. Cette durée reste toutefois insuffisante pour tirer des conclusions définitives. La poursuite des expérimentations constitue donc une première perspective de travail. Les recherches visent également à mieux comprendre comment les agriculteurs s’approprient ces résultats et dans quelle mesure cela peut accompagner l’évolution de leurs pratiques vers l’agroécologie. Enfin, certaines pistes d’indicateurs identifiées lors des ateliers, mais encore trop peu opérationnelles à ce stade, pourront être approfondies dans de futurs travaux.
