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Roses : une révolution génétique qui éclaire les enjeux de diversité

Thématique : Territoires et paysages nourriciers multifonctionnels

Année de parution : 2025

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Contact(s) : Vanessa Soufflet Freslon
vanessa.soufflet-freslon@institut-agro.fr

Roses

Au XIXe siècle, la rose connaît en Europe une transformation spectaculaire. En quelques décennies, le nombre de variétés passe d’une centaine à près de 8 000. Cette période marque un véritable âge d’or pour cette fleur emblématique.

Les caractéristiques des roses évoluent profondément. Le nombre de pétales devient un critère esthétique central : des fleurs simples à cinq pétales, typiques des rosiers sauvages, on passe à des variétés très doubles, parfois composées de centaines de pétales. Autre avancée majeure : l’apparition de rosiers « remontants », capables de fleurir plusieurs fois par an grâce à des croisements avec des rosiers chinois.

Pour comprendre cette évolution, des chercheurs ont analysé les caractéristiques visibles et le patrimoine génétique de 204 variétés, cultivées entre 1800 et 1910, ainsi que les génomes complets de 32 d’entre elles. Leurs travaux montrent qu’en quelques générations, les roses européennes ont profondément changé : leur patrimoine génétique est devenu majoritairement d’origine asiatique, notamment chez les Roses Hybrides de Thé.

Ce basculement s’est toutefois accompagné d’un appauvrissement de la diversité génétique. Les roses asiatiques, déjà sélectionnées depuis longtemps, étaient moins diversifiées. Leur utilisation répétée dans les croisements a donc réduit la diversité globale des roses cultivées en Europe. Or cette diversité est essentielle pour permettre aux plantes de s’adapter aux changements environnementaux. La conservation des variétés anciennes apparaît ainsi comme un enjeu majeur.

Les travaux montrent aussi un effet inattendu de cette sélection. Sans en avoir conscience, les sélectionneurs du XIXe siècle ont également favorisé certains caractères défavorables. En étudiant la sensibilité à la maladie des taches noires sur des centaines de variétés anciennes, les chercheurs ont mis en évidence une augmentation progressive de leur vulnérabilité. Cette maladie reste aujourd’hui l’une des principales causes de traitements phytosanitaires sur les rosiers. L’identification de régions du génome associées à la résistance ouvre désormais des perspectives pour créer de nouvelles variétés plus robustes.
 

Chiffres clés

480cadres scientifiques

13unités de recherche dont 11 UMR

8écoles doctorales

3instituts Carnot

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