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Vers de nouveaux outils pour accélérer la sélection de variétés de carotte résistantes à l’alternariose

Thématique : Territoires et paysages nourriciers multifonctionnels

Année de parution : 2025

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Contact(s) : Valérie Le Clerc
valerie.leclerc@institut-agro.fr

Carottes

L’alternariose, aussi appelée brûlure des feuilles, est l’une des maladies les plus destructrices pour la carotte. Elle est causée par un champignon, Alternaria dauci, et peut entraîner de fortes pertes de récolte. Aujourd’hui, la protection des cultures repose encore largement sur des fongicides. Mais cette solution est de plus en plus remise en question, en raison de ses impacts sur l’environnement, des contraintes réglementaires et de la nécessité de faire évoluer les pratiques agricoles.

Dans ce contexte, développer des variétés naturellement résistantes constitue une alternative essentielle pour réduire l’usage des pesticides.

Deux études récentes ont permis de mieux comprendre comment certaines carottes résistent à la maladie. Elles montrent que la plante produit naturellement des molécules protectrices, dont certaines jouent un rôle clé. Trois composés, appelés flavonoïdes, se distinguent particulièrement : les plantes résistantes en produisent beaucoup plus que les plantes sensibles, et cela très tôt dans leur développement. Cette différence se maintient ensuite tout au long de la croissance de la plante.

Autre résultat important : plus ces flavonoïdes sont présents, moins la maladie est sévère, quelles que soient les conditions de culture ou le type de plante. À l’inverse, aucune plante très sensible ne présente des niveaux élevés de ces composés. Même s’ils ne sont pas forcément les seuls responsables de la résistance, ces flavonoïdes constituent d’excellents indicateurs. Ils permettent d’identifier très tôt les plantes les plus prometteuses et d’écarter rapidement les variétés sensibles, ce qui accélère le travail des sélectionneurs.

Une seconde étude va plus loin en identifiant un gène clé qui contrôle la production de ces molécules. Lorsqu’il est actif, la plante produit davantage de flavonoïdes capables de freiner directement le développement du champignon.

D’autres mécanismes de défense existent également, comme des barrières physiques ou d’autres composés protecteurs. Mais ces travaux montrent concrètement comment la recherche peut accompagner la transition vers des systèmes agricoles avec moins, voire sans pesticides, en s’appuyant sur les capacités naturelles des plantes. Ils ouvrent ainsi la voie à des cultures plus résistantes, plus durables et mieux adaptées aux enjeux environnementaux.

Chiffres clés

480cadres scientifiques

13unités de recherche dont 11 UMR

8écoles doctorales

3instituts Carnot

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